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écrire, scénariser et mourir vite...

13/05/2026

mourir.

Est-ce que quand on est mort, on arrête de faire semblant ?

Au contraire, on fige son image. Quelle serait la mienne alors ? Et est-ce vraiment important ?

Attendez... Je sais que le dernier article était déjà un peu dark et vous allez vous dire, putain le gars pète un cable.
Déjà je ne vous permet pas.
Je veux juste réfléchir, je veux juste philosopher. Car quand la réalité est dure. Je suis bien content de savoir écrire plus ou moins correctement.
Montaigne disait : "Philosopher. C'est apprendre à mourir." et par là, il entendait, apprendre à vivre. Du coup, je sais bien que j'ai fait un titre putaclic, mais on y viendra plus tard.
Alors comment on fait pour apprendre à mourir si on a fait semblant toute sa vie ?

philosopher

La page 1 a presque 7 ans désormais. A l'époque, j'étais jeune et insouciant, je voulais juste écrire quelque part les gros problèmes de ma vie : la saison 2 de westworld et la fin baclée de Game of Throne.
J'ai fait du chemin. Maintenant, je n'aime pas Matrix 4, par exemple. Et j'ai changé et depuis, j'ai écrit 2 livres.
Attention, 2 vrais livres de mon ère "moderne" sans faire d'affront à TOM, le premier, je n'avais pas encore le même style. J'ai d'ailleurs la tentation de réécrire quelque chose à propos d'esprit et de tarot.

J'ai aussi mis un peu de ce que je vois (I et II), un peu de moi ( et ), un peu de tout et je vous ai partagé mes modestes "découvertes" dans l'exercice de l'écriture.

Mais ce blog devient de plus en plus long alors qu'à la base, son titre véritable est :
écrire, scénariser et mourir vite.

Alors il serait plus que temps de s'appliquer !

J'ai écris, j'ai scénarisé (quand je parle de scénariser, j'avoue que je ne me voyais pas à la base parler de ma vie mais finalement, c'est ce qui s'approche le plus d'un scénario). Et désormais. Mourir vite.
Et ma question donc, est-ce qu'on arrête de faire semblant quand on meurt ?

Parce que oui.
Je fais semblant. Semblant d'aller bien, semblant d'espérer, semblant d'être un écrivain ; car comme dit l'autre, je pense qu'un jour, je n'aurai plus besoin de faire semblant.
Je fais semblant d'être un bon père, un bon gars, un bon mec.
Je fais semblant de raconter des choses, je fais semblant de travailler, je fais semblant de manager.
Je fais semblant d'en avoir toujours quelque chose à foutre et dans le même temps je fais semblant que tout ça ne me touche pas.

A force de faire semblant, ne me suis-je pas trompé moi-même.

Alors qu'aurai-je appris ? Le jour de ma philosophie ?

Déjà que faire semblant, c'est ce que tout le monde fait. Par exemple, le père de Marshall (How I Met Your Mother) faisait semblant d'être confiant quand il roulait dans une tempête de neige. Et ça suffisait pour que son fils le voit comme un héros.
Et que ce n'est pas grave. Parce que le monde est comme ça, il faut faire semblant pour s'adapter. C'est un monde d'apparences, c'est un monde où les convitions vivent mieux cacher et où les amours sont secrètes*
*Oui, au pluriel, l'amour est féminin. Me demandez pas pourquoi, c'est comme ça.

Ensuite qu'une vérité finit toujours pas se dégager. Enfouie au fond de nous, nous finissons toujours par être nous-mêmes. A force d'avoir fait semblant ou à force de ne plus l'avoir fait.
Et dans ce monde de post-vérité, c'est finalement essentiel d'en conserver une dans son coeur.

L'histoire que l'on s'invente et que l'on vit est unique.
Elle est faite de colères et de tristesses, de joies et de rires ; et quelque part tout cela nous définit.
Ensuite il y a l'histoire que les autres s'inventent pour nous, qui nous enferment ou qui nous révèlent, qui nous poussent ou qui nous briment, qui nous encensent ou qui nous empoisonnent.
Et de toutes ces histoires naissent une identité plus ou moins bien branlée, plus ou moins bien forgée, plus ou moins immuable.

Et nous voilà prêts (presque) à affronter la mort, consolidé par toute cette expérience, transi de toutes ces histoires vraies ou fausses, imposées ou non.
Oui, quand on prend le temps de se poser, on peut imaginer : voilà ce que je dis de moi. voilà ce qu'on voit de moi. Voilà donc ce que je suis.

J'entends déjà des gens dire : "je suis ce que je suis et personne ne m'influence"

Alors déjà... "des gens", sérieux ? personne ne lit ton blog.
- ...
Ensuite. Si. Que vous le vouliez ou non, nous sommes influencés par les histoires des autres, que ce soit de nos parents, de nos amis, de nos amours. Mais aussi des légendes qu'on connait, de tout ce qu'on lit, de ce qu'on choisit de voir, nous sommes des citations de l'époque qui nous a vu naitre que nous l'acceptions ou que nous la rejetions.
Nous sommes même à un moment charnière entre nos parents et nos enfants, au croisement de générations et de combats qui nous dépassent. Ce qui nous oblige à être plus attentifs à ce que nous voulons léguer à nos enfants. Et ça... ça c'est assez difficile.

Et pourquoi je parle d'histoire pour vous dire ça ? Parce que les auteurs, TOUS - oui tous -, sont influençables et influencés !
J'en ai parlé et finalement un peu partout depuis le début : "il y a des influences marqués, des intentions cachées [...] j'ai écrit des choses dans des moments qui se rapprochent de la divination..."
- Le boulard du gars qui s'autocite !
- Ferme bien ta gueule !

Du coup, dans votre propre légende, vous êtes influencés et vous influencerez.

vide

Alors pourquoi nous attirer avec un titre putaclic et nous parler de mort ?
Parce que la mort me rapprochera à un moment donné, de la légende que j'aurais aimé me forger. Que j'aurais réussi ou non à écrire.
Ainsi pour paraphraser Montaigne (si j'ose) : philosopher, c'est apprendre à écrire son histoire.
Qui 1, nous survivra au moins deux générations et 2, nous fera progresser et dans un élan d'optimisme fera progresser l'humanité.

Je crois sincèrement que si une personne progresse, plusieurs autres pourraient être tenté de le faire.
Peut-être qu'il y a cinq personnes qui nous attendent vraiment au paradis pour nous dire à quel point nous avons compté pour elles (j'en parlais vite fait ici)

Alors pourquoi mourir ?
Parce qu'à la fin il ne reste que ça.

Pourquoi j'écris ça ?
L'écriture a toujours été un exutoire. Quand je n'ai pas pu ou su parler autour de moi. Quand je n'ai pas pu ou su demander de l'aide. Quand je n'ai pas pu ou su aimer correctement.

Et aujourd'hui, je n'écris plus.
Le premier jet de mon livre est terminé, corrigé, je me sens vide.
Ainsi mon anxiété remonte et je ne sais pas quoi réécrire.
Comme un boulimique, il faut que je recommence, que je vide ma tête, que j'exécute mes démons. Je ne veux pas rester triste pour rien, je ne veux pas chercher encore et encore.
Ma propre légende s'éteint, elle est décrite dans ces pages. J'ai mis tout ce que j'étais dans tout ce que j'écrivais.
Et je vais devoir recommencer sous peine de m'effacer complètement.

épilogue, épistolaire

Terry Pratchett est l'un de mes auteurs préférés. Depuis tout petit où ma mère m'a acheté un livre en disant "c'est dans le disque monde, porté par 4 éléphants eux-mêmes sur une tortue".
Il a influencé ma façon d'ajouter toujours une touche de légerté dans ce que je fais. Et j'espère ne jamais perdre ça.
Je ne pourrais jamais être aussi bon que lui car si Tolkien est notre père à tous (ceux qui aiment la fantasy), Pratchett est notre oncle un peu loufoque mais qu'on aime tant !

Il a dit un jour : "Dans chaque personne saine d'esprit, il y a un fou qui cherche à sortir."
Mais surtout on lui prete aussi une autre citation, venant de l'inventeur des internets du Disque-Monde : Un homme n'est pas mort tant que son nom est encore prononcé.
Citations que l'on peut retrouver chez St Exupery, Hemingway, mais aussi Eiichiro Oda et dans les dictons de l'Egypte antique.

Ce qui prouve bien que l'histoire qu'on est perturbe toujours les auteurs. Chacune et chacun veut laisser une emprunte, son nom, pour être éternel.
Et encore une fois, vous aussi, vous êtes l'auteur de votre vie.
Influencé, influençable, fort, désespéré.
Ne reste vous plus qu'à écrire comment vous voulez mourir.

Une dernière chose : faire semblant n'est pas forcément insincère.
Si je fais semblant d'être courageux, on me verra comme un courageux. J'en serai alors un. Pour de vrai.
Il y a une sincérité dans toute notre identité et une histoire à écrire pour tous. Il ne tient qu'à nous de devenir légendaire, à notre niveau, aussi humble soit-il.
Je graverai mon nom quelque part. Dans un coeur, dans une passion, dans mes livres, sur les murs d'une prison, ou sur un marbre.
L'histoire suivra et me survivra.

Le plus marrant dans tout ça, je suis trop vieux pour mourir jeune.

A bientôt
Prenez le temps de penser à vous et de vos influences sur vous et sur les autres.

Mais surtout, prenez soin de vous.

à suivre...

LA PAGE D'AVANT

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