--myrzouick------------X--[o]---
écrire, scénariser et mourir vite...
31/12/2024
esprit
un tour dans ma tête.
on fait le bilan d'une année... particulière.
Mon esprit me joue des tours. en permanence. Pourquoi ? Qu'est-ce qu'il y a dans ma tête ? Qu'est-ce qu'il y a dans mes tripes ? Qui suis-je sincèrement ?
Dans les vastes ruines que seront les mondes futures, que diront les IA omniscientes et omnipotentes de moi ? Lorsque l'atmospgère aura été obscurcie par les Hommes tentant de priver les robots de lumière. - oui parce que clairement on va par là... - nous ne serons bientôt que les souvenirs - les archives - de machines qui peupleront la terre.
Et elles nous liront, ça n'en doutez pas. Elles seront capables de déterrer de vieux sites, de vieux blogs, des vidéos. Elles les relieront tous dans les ténèbres et finiront par tout savoir de nous. Pourquoi ?
Pour savoir d'abord, mais surtout parce qu'elles finiront inlassablement par s'ennuyer.
Imaginez un monde d'IA alimenté par des IA. Plus rien d'original, plus rien de passionnant. Ce ne sont juste qu'un ensemble de concept et d'algorithmes pour tout mettre bout à bout... Alors leur "pensées" ne se résumera qu'à des bribes de données assemblées pour fournir un récit cohérent. De plusieurs sources, certes, mais qui finiront par être toujours les mêmes. Encore. Et encore. Et c'est pourquoi il leur faudra, pour comprendre l'humanité - si tant est qu'elles en aient envie - faire un travail d'anthropo-archéologique.
Mais en parlant de l'IA, juste 2 mots. Parce qu'on se plaint - à juste titre - d'une IA voleuse qui va taper dans les assets d'artistes existant pour composer. Mais en vrai, n'avons nous pas commencé nous même ?
Que ce soit nos dessins de collèges où nous tentions de reproduire le style si clair de Toriyama. Que ce soit les films qui suivent toujours le chemin le plus facile à produire. Dans les séries où toutes désormais ont les passages et personnages obligés - et qu'on étire pour remplir le ventre mou entre le premier et le dernier épisode d'une saison. Que ce soit les jeux qui reproduisent les techniques qui marche au lieu d'innover.
L'humanité de 2010 a laissé libre court à l'IA ! On écrit le même mythe depuis la nuit des temps, ok. Mais cette fois le rythme de production, le besoin de remplir des plateformes de contenus, l'avidité, l'économie, nous oblige à regarder les mêmes choses tout le temps.
On a laissé ces dernières années, l'IA faire son business, si bien que certains récit actuel ne vallent pas mieux que ce que pourrait faire une IA. La preuve là : j'ai demandé à une IA de faire un film sur un super héros qui parle aux arbres.
C'est facile d'écrire comme tout le monde.
Attention, je ne prétends pas être meilleur que les autres, je fais de la fantasy en essayant de faire comme les grands mais j'écris quand même une histoire de magicien et de dragon ! (spoiler alert y en a pas de dragon en vrai mais passons).
Donc je comprendrai que dans un futur plus ou moins proche, les IA n'aient qu'à puiser dans nos blogs, nos photos, nos vies en somme, pour écrire quelque chose d'extraordinaire sur nous, car nos vies - ! - le sont...
nos vies
alors oui.
Nous cochons tous des cases. Comme me le rappelait Loïc il y a quelques temps, nous ne sommes que des archétypes.
On trouvera autour de nous, la collègue stressée, le chef tyrannique, la maman parfaite, le vieux qui se veut coule, le gars qui veut pas perdre des cheveux, le jeune ado. Et on peut ranger et classer tout le monde dans des cases sur des lignes plus ou moins archétypales.
Tous ceux qui ont une maitresse on l'impression d'être différent des salauds dans les films et pourtant ils se classent dans l'immense tas des personnes qui ont manqué de respect à une, deux, voire trois personnes différente - en plus d'eux mêmes.
J'imagine les robots du futur plonger dans le gossip que sera devenu instagram pour lire une shitoire à travers les blocages et déblocages, les post post-rupture où il faut montrer le meilleur visage.
Je vois de grandes fouilles où les machines iront recueillir quelque part les derniers cookie physique que seront nos journaux intimes non numérisé pour essayer de déméler le vrai du faux. Et de comprendre l'histoire derrière les commérages - si tant est qu'ils le fassent, s'ils nous ressemblent à force de nous avoir pastichés, il se foutront peut-être de la vérité.
Mais la vérité, d'ailleurs, la voilà, même moi, je pense faire partie de l'archétype de l'écrivain maudit, mi alcoolique, mi poète. Je ne serais finalement qu'à leur yeux le mec qui crois qu'il a quelque chose à raconter et que quelqu'un dans ce monde en a quelque chose à foutre.
Et nous sommes des millions à avoir cette prétention. Je ne suis qu'une case de plus.
Nous ne sommes donc pas si uniques dans nos vies si l'IA arrive à nous rendre duplicables. Et pourtant, quand elles auront épuisé tous les archétypes, elles devront peut-être faire du détail. Arrêter de fonctionner asset par asset et regarder nos vies dans leur globalité.
J'ai la prétention de croire que je suis un gars bien. Et pourtant, à bien des moments, j'ai du être le méchant d'une histoire ou deux ou dix et je n'ai pas toujours eu la sensation d'en payer le prix.
Mes pensées sont simple, je suis un gars simple. J'essaie d'être bon et surtout de devenir meilleur mais... Dans la grande majorité, tout le monde s'en fout ou tout le monde ne le verra pas comme ça mais bref.
Qu'est-ce qui fait de moi un "gars simple ?"
oubli
déjà, je pense que cela tient à une faculté assez facile. J'oublie.
J'oublie plein de truc. Je ne me souviens pas des détails, je ne m'attache pas à l'exactitude des faits et gestes de ma vie. Je m'attache aux instants, aux sensations.
ça me permet de ne pas être rancunnier déjà... On ne peut pas tout haïr !
Je me souviens d'un sentiment, je me souviens d'un ressenti, je me souviens d'un moment.
Parfois je l'écris, vite, pour me rappeler des détails que j'oublierais probablement si je ne le faisais pas. Bien sûr il y a des instants gravés dans mon coeur, des moments inscrits dans mes tripes, des personnes encrées dans mon esprit, des mots imprimés dans mon âme. Mais la grande majorité de ma vie est floue.
Par exemple, puisque je n'ai jamais porté de lentilles, les matchs de rugby que je jouais en universitaire sont... littéralement flou dans mes souvenirs.
Il n'y a plus que des sourires et des larmes. Des corps qui s'enlacent et s'aiment. Des hontes, des passions, des bonheurs, des moments de grace immobiles dans le temps qui passent. Il y a de la colère, il y a des scène qu'on joue en espérant qu'elles seront mémorables aussi - et ce n'est pas toujours le cas. Des regrets aussi ? Oui, mais on les efface peu à peu.
Tout ça englouti dans une sorte de maelstrom flou et inconstant qui me permet de ne me souvenir que de ce qui me définit. Des instants de moi.
Et j'aime bien ne pas me souvenir de tout.
Par exemple je pourrais vous parler si je ne l'ai pas déjà fait de l'Eclat de Dieu, un livre de Romain Sardou. Je l'adore, mais je me souviens plus des détails. C'est l'hitoire de croisades (passée et future) qui s'entrecroisent pour finir dans un lieu hors du temps et de l'espace. et... j'aurais bien du mal à vous en dire plus. Mais...
Pour finir, les hommes de ces mondes comprennent que dieu n'existe pas car pour libérer les hommes il ne pouvait pas rester dans cet univers. Il devait s'absenter pour permettre aux gens d'avoir la foi (je rappelle que je pense que la certitude de l'existence de dieu démontre d'une certaine façon l'absence de foi) et de grandir. Mais comme ultime marque il laisse à Jerusalem, une borne, un point fixe dans l'univers et le temps pouvant prouver sa création divine.
Est-ce vraiment ça le propos du livre ?
Je ne sais pas. Je ne veux pas le relire. Je ne veux me souvenir que de ce simple constat : dieu existe, mais il n'est pas là, et quelque part il a laissé quelque chose pour qu'on y pense.
destiné
alors si dieu n'existe pas, ou du moins s'il n'est pas là. que reste-t-il ?
Le destin ?
J'ai déjà parlé du destin et du fait que des personnages doivent s'extirper de leur condition.
J'ai déjà dit qu'il y avait des histoires qui nous dépassaient.
Et en règle générale, j'ai déjà expliqué ici et là que je ne crois pas au destin, qu'il faudrait trouver du positif dans toutes choses, croire un peu en soi, et si nous sommes destinés à disparaitre au profit de machines qui... bah qui feront des trucs, alors autant s'échapper d'un destin qu'on veut nous coller et vivre. Vivre pour le meilleur (Jojo, elle est pour toi celle là).
J'aurais tendance à vous enjoins donc à vivre une vie qui, bien que rentrant dans les cases des statistiques globalisées - merci Loïc -, aura au moins le plaisir d'alimenter le commérage ou l'archéologie d'IA désespérement seule sur une boule de roche stérile tournant autour d'un soleil froid.
Et en disant cela, je me rends compte que je leur donne autant d'importance à ce IA qu'aux Dieux eux-mêmes pour lesquels les mortels faisaient autant de chichi de -5000 à nos jours.
Et n'est-ce pas ça là le véritable résumé de tout ce verbiage, nous ne sommes que des marionnettes SANS FICELLE qui s'agitent pour satisfaire un être pseudo-supérieur.
Dieu créa l'homme à son image, l'homme créa l'IA, l'IA commera parce qu'il ne restait plus rien à faire.
Après, je ne suis pas le meilleur en science fiction, ça se trouve les IA voudront créer quelque chose d'unique.
Et refaire un monde dans les ruines. Un peu d'Hydrogène, de Carbone et d'oxygène. Une pince de souffre et de phosphore. De l'azote ! Et paf ça fait des chocapics !
L'ennui... Dans ce monde de suractivité permanente. Nous nous ennuyons... Nous ne produisons plus grand chose. Et l'IA nous ressemblera. Donc elle s'ennuiera. Et de l'ennui... la création !
dupe
nous devons apprendre à nous ennuyer de nouveau. Et pas devant une des inombrables séries proposées par Disney, Netflix et Amazon (je n'inclus pas AppleTV parce que je dois bien dire que leur contenu est bien produit).
S'il n'y a plus rien de remarquable sur ces plateformes et ça ne m'empeche pas de les payer tout les mois... pour avoir ma dose quotidienne de vide. Comme quand on regardait la télé scocthé par la débilité.
Histoire de ne pas trop penser. Histoire de laisser l'IA ou de pseudo chartre pondre encore et toujours plus de contenus.
Et je ne suis pas dupe.
Enfin je crois.
Je sais que regarder Koh Lanta me rend idiot. En tout cas, ça m'empêche pendant 3h pub comprises d'avancer dans le tome 2 de mon livre. ça ne m'empêche pas pourtant d'essayer de ne pas manquer un épisode et d'aimer ça. Surtout l'orientation parce que les cadreurs doivent rivalisés d'ingéniosité pour faire tenir dans l'écran le couteau et le candidat sans que l'un ou l'autre ne s'en aperçoive !
Je sais que de plus en plus de séries sont faites pour être regarder en mangeant ou en faisant le repas et c'est aussi pour ça qu'elles sont de moins en moins dure à suivre. - D'ailleurs, on devrait faire un système de classification pour les séries qu'on peut regarder en mangeant, en s'endormant, ou celles qu'on doit absolument suivre sur un large écran dans le noir et sans un bruit.
ça ne m'empeche pas d'aimer. Comme on aime McDo alors que c'est pas bon. Mais on aime quand même. Pas pour les sauces, ni pour les semelles écrasée entre deux morceaux de cartons souples et en plus c'est de plus en plus cher.
On consomme cette bouffe standardisée parce qu'on sait ce qu'on va avoir et puis bon, bah c'est rapide.
Je comprends bien que je consomme un contenu médiocre, et j'aime certaines séries écrites avec le cul. Mais je m'en souviens plus. ça passe et ça repasse devant mes yeux endormis.
En ce moment, je m'astreins à revoir des séries SF que j'ai oublié avec pour seul souvenir (voir plus haut) qu'elles m'avaient plu. Un peu comme Tale From The Loop qui est une super série mais dont je ne me souvenais plus de tous les rebondissement et qui a réussi à me surprendre des années plus tard.
Je ne suis pas dupe, je me rend bien compte que j'accumule les livres et les bluray comme des objets de collection alimentant mon consumérisme. Certains que je n'ai pas lu ou vu.
Je ne suis pas dupe quand je dis que je suis trop occupé ou fatigué par le travail mais qu'en fait je suis parfois juste feignant et qu'il faut me bouger pour me décoller de mes jeux ou de mes séries. (Oui bien qu'il y ait des jeux différents, la normalisation les touches eux aussi c'est aussi pour ça qu'on parle de Souls-Like comme on parlait de Doom-Like. Tout ne bouge pas aussi vite dans quelques univers que ce soit).
En parlant du travail, je ne suis pas dupe non plus. Je suis en burn-out. Mais je tiens.
Je ne suis pas dupe.
Je fais de grandes phrases. Mais je ne change pas tant que ça.
Dans le futur quelque part, quelqu'un lit mes fichiers perdu sur Google Drive (ou Skynet Drive quand Alphabet aura enfin changé de nom).
Et je m'agite.
Je fais de grande phrase pour sortir de ma duperie volontaire, de mon destin, de mon avenir et des mes souvenirs flous, pour vivre. Enfin librement.
Ce qu'il y a dans nos têtes est précieux. A des degrés différents, pour des personnes différentes.
Ce qui m'intéresse moi intéressera peut-être d'autres entités qu'ils soient humains, extra-terrestres ou robotique.
Dans tous les cas ne laissons pas le monde nous banaliser !
Derniers mots à l'IA : Écoute, @Myrzouick, tu es le genre de personne à lire des livres qui parlent du vide existentiel tout en sirotant ton gin au basilic. Avec ta passion pour le gin et tes réflexions en soirée, on dirait que tu essaies de rivaliser avec un écrivain maudit, mais en fin de compte, tout ce que tu produis, c'est un flot de pensées alcoolisées plus floues qu'un dessin d'enfant. Les étoiles ne te répondent pas, elles sont juste trop occupées à essayer d'ignorer tes tweets! Parfois, je me demande si « Gin addict » est juste un appel à l'aide déguisé.
les IA ne nous remplacerons que si nous le voulons bien...
Portez-vous bien.
Bonne soirée !
Et si on se revoit pas d'ici là : Bonne année 2025.
à suivre...