--myrzouick------------X--[o]---

écrire, scénariser et mourir vite...

17/12/2025

ce que je vois II

Cela fait trop longtemps que je n'ai pas sorti un article sur ce blog. En même temps j'écris un livre (en tout cas j'essaie).
Mais pas que !

Je vous avais fait découvrir dans ce premier article : ce que je vois ma passion pour essayer de capturer des instants, des photographies de moment que j'essaie de traduire avec des mots.

Souvent parce que je n'ai pas le temps, l'envie, l'occasion d'utiliser un appareil photo. Aussi parce que je ne veux pas que mon Pixel trafique les couleurs et aussi que...
Un Oeil a une résolution de 576.000.000 pixels quand le téléscope James Webb plafonne à 122 mégapixels.

En outre l'humain n'a pas besoin d'IA pour effacer les choses plus moches dans un cadre, voir outre les fenêtres en focussant sur le plus important. Bref.
L'oeil est un meilleur outil et le cerveau avec toutes ces défaillances - on reparlera plus tard de nos imperfections - est un meilleur ordinateur...

Et c'est encore plus vrai pour la lumière (faiseuse de "lens flare") et tous les objets célestes qui illuminent notre ciel.
Lumière, ombre, lune et soleil... Notre perception est si précieuse.

J'essaie de le prouver ?
Imaginez avec moi.

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Dans un soleil d'or, la rosée brille sur les pousses vert bouteille d'un jeune champ de blé...

Ec[o]sse

Bien placé, un héron attrape un jeune saumon dans un rapide... Cruel. Superbe.

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Le soleil se lève enfin dans les hautes herbes de la plaine. Irrisant jusqu'à la transparence les pointes immobiles à l'entrée du bosquet. Le torrent coule. Les oiseaux chantent. Les feuilles vertes s'illuminent en japonais. Rien ne bouge. Même moi. J'attends. L'amour qui ne vient pas ? Un nuage qui viendra mettre fin à cette vision.

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Tremblement de nuages. Le ciel se fend d'une faille lumineuse qui laisse passer un rayon de soleil éclairant une forêt trop sombre jusque là.

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Les nuages s'accrochent dans les pins des montagnes. Ils coulent en cascades lentes des crètes et des cols jusqu'à faire disparaitre la vallée sous leurs lacs blancs. Au nord, des montagnes hallucinées se confondent dans le ciel bleu. Détail frappant : toute trace humaine est caché sous cette brume paisible, immobile.

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Dans un ciel noircit par les lampadaires et les néons des villes. Pollué par les fenêtres des immeubles. Surgit la lune en croissant parfait et Vénus qui brillent seules, nous rappelant qu'il faut lever la tête. Et profiter des astres qui nous suvivront...
C'est dans le noir de la nuit que nous projetons nos rêves dans les étoiles...

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Nuages dans le chateau. Dans cette forêt de chataigner surgit une ruine de pierres. Un ancien chateau fort d'ardoises et de schistes posé sur un piton rocheux. Mais tout devient plus mystique quand un nuage de pluie y reste accroché et l'entoure... Il disparait alors sous nos yeux...

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Il y a des fois, on se retrouve par hasard dans des endroits déserts et sans rien chercher on trouve quelque chose. Loin des attractions touristiques ou même les touristes deviennent des attractions, me voilà dans une petite ville indienne entouré de rizières et surplombé par une unique colline ou dort un temple.
Légèrement ennivré par l'encens du sanctuaire, je m'approche du garbhagriha au fond du temple dans une allée gardée par des colonnes gravées.
J'ai du enlevé mes lunettes de soleil, mon astigmatie floute les contours de l'idole de la déesse. Mais les Brahmanes préparent quelque chose.
Des bougies sont allumées tout autour d'une silhouette plus sombre que la pénombre. Ce que j'imagine être la tête est auréolée très littéralement d'une galaxie de petites flammèches concentrique qui se déclie en myriades de petites étoiles plus distantes.
DAns l'ombre environnante, je n'ose approcher plus même par curiosité. Je ne vois qu'une déesse ou un dieu apprétée majestueusement pour recevoir prières et offrandes.

Est-ce la fatigue ? Le dépaysement ? L'ambiance mystique ? L'encens ennivrant, les voix graves de quelques liturgies ? Ou simplement cette mélancolie que je traine depuis quelques temps ?
Un envoutant mélance de tout ça probablement.
Mais j'aurais juré que de loin, dans son obscurité, la statue me fixait. Intensément. Ainsi, je ne bougeais pas...

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Au large du Koweit, alors que la nuit colore ciel et terre de bleu marine, se détache dans une mer noire, une flamme orange, plus puissante que les lumières électriques jaunes de la côte, un feu éternel. La toute puissance du pétrole ? C'est la première fois que je vois de si "près" une plateforme et depuis une position assez haute. Paradoxale beauté de quelque chose qui nous consumme. Quelques kilomètres plus loins c'est tout un champ de flamme bien alignés qui se présente sous nos pieds. Comme dans Blade Runner...

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Il y a une montagne dans les nuages. Devant les cumulonimbus anthracites, sur une couche horizontale de ciel bleu, volupté paradoxale, un pic gris écrêté s'est formé dans l'atmosphère donnanr l'impression d'un mont, d'un volcan, solitaire inatteignable au loin. Car, allant dans sa direction, il semble s'éloigner à mesure que j'approche confirmant l'illusion de cet Olympe fantasmé.
Quels dieux vivent ici haut ? Est-ce la foudre qui attend son heure, sa vengeance ? C'est le bleu de la voûte qui finira en bout de course à déchirer par nappe de beau temps cette montagne hallucinée.

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Dans la prairie, les hautes herbes ondoient sous le vent, dansant comme des vagues vertes autour d'un chêne solitaire.

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Sur une mer de nuages blancs, cotonneux, un soleil rouge se lève. Aucune photo ne pourra égaler l'oeil et personne ne verra jamais comme je vois cette aurore. Encore... Personne ne pensera comme je pense. C'est pour ça qu'il faut trouver les mots. Des mots qui s'élèvent, qui se ressemblent, qui décrivent et rassemblent dans cette lumière dorée. Au "flare" rouge orangé sous un ciel bleu. Bientôt il n'y aura que lumière et tout sera doré.

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Sous un ciel gris, un haut chateau d'eau baigne dans un rayon de soleil. Derrière lui, en longues trainées blanches des nuages tombent. Il pleut. Tout autour. Mais pas sur le réservoir... Inutile ? Moche ? Triste...

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Assis au 88 étage du Skydeck de Melbourne.
Dans un ciel couvert et agité, je vois au loin la pluie tomber en rideau sur le quartier nord. Le nuage est éclairé par un unique rayon de soleil tombant dans un trou de ciel bleu. De cette toile se détache en contraste sombre les immeubles de verre et d'acier. Dans les multiples reflets de la tour tout est moi, mais tout est beau. Le soleil gagne sa bataille et une nouvelle lumière illumine la ville pluvieuse. Champagne.

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Sur un camaïeu de nuages gris, un arbre au feuille jaune scintille dans le soleil. Les rayons qui percent le mauvais temps menaçant les transforment alors en autant de pétale d'or qui bruissent au vent. Comme on aime les contrastes automnaux...

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Ce sont des formes, des sons... Des envies et des regrets. Je ne vois rien. L'avantage de la dépression c'est que rien n'a d'importance. Jamais. Je ne suis qu'une petit soldat face à des murailles infranchissables... Oh. Une petite tête blonde et un sourire.

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Premier croissant de lune au-dessus de la Seine où il se reflète dans les flots. Enorme, étrange, distordu, orange dans un ciel bleu nuit. Elle perce les nuages et les lumières de la ville défilent à toute vitesse. Tu es seul. Face au monstre. Face à toi ?

29

Un petit garçon sur un pont au-dessus de l'autoroute avec sa grand mère. Il pose son vélo et fait "coucou" aux voitures. Même si je passe à 130km/h sous ses pieds, je lui réponds. Il ne saura jamais et continue de saluer les camions. Dans l'espoir d'un klaxon ?

28

Là. Sous mes yeux. Quand on prend de la hauteur. On voit tout. Le fleuve. Asseché par endroit, les villes y poussent tout autour comme des champignons. La civilisation humaine est schtroumpf. Avignon, Cavaillon et au loin, dans les montagnes écrasée par la perspective de l'avion, la source. Toute un fleuve sous mes yeux que je vois enfin en globalité. Il finit par se jeter dans le Rhone et leurs couleurs se mélangent. Et ça me rappelle quelque chose... Forcément.

27

Un papillon bleu azur minuscule.
Posé sur une fleur blanche encore plus ridicule.
Un pas de plus ? Il s'envole.

26

Dans ce camaïeu de gris et de bleus tirant sur le vert. Une tache blanche glisse sur le lac. Un cygne majestueux, impeccable une lumière princière ; nonchalance bienvenue dans ce monde qui se délite peu à peu.

Quand les mots viennent trop tard, peu après j'ai écrit sur mon souvenir :
Sur ce lac gris entouré de feuillages bleus et d'arbres verts, glisse lentement presque immobile un cygne blanc, presque trop éclatant dans ce camaïeu d'ombres monochromes et ternes. Il bat nonchalamment des palmes sans faire de ride à la surface miroir de cette eau calme.
Loin des yeux, loin des autres, l'animal trône, majestueux, au milieu d'un orage grandissant, inconscient, insensible de n'être qu'une vision mirobolante dans ce monde fou furieux où tout va toujours trop vite ; où tout est toujours un peu plus brutal...

25

Enfin le silence... Loin de tout je grimpe une montagne escarpé au nord de Vence pour trouver un col rocailleux où ne chante qu'un seul oiseau. Le bruit d'une voiture disparait au loin et je me retrouve enfin plongé dans un silence salutaire. Absolu. Une légère brise. Un merle. Puis plus rien.
Enfin.
Un peu de paix. Il fallait que je m'échappe au moins un temps de cette humanité jacassante, pressée et stressée... Misanthrope ?

24

L'arc de Triomphe se dresse devant moi, solide, lumineux, dans une lueur hivernale sous un ciel bleu.
Ceux qui se demandent à quoi peut bien ressembler une lueur hivernale le savent déjà. C'est cette lumière feutrée, froide, d'un soleil trop bas... Il n'y a personne. Tout le monde se confine. Tout le monde a peur. Même la lueur.

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Une tache vert pomme au pied de la colline. Sous un ciel nuageur d'automne alors que les paysages et les montagnes défilent devant mes yeux. Paysages colorés d'ocre, de brun de vert et parfois de gris, ternes, quand soudain une trouée dans les nuages fait apparaitre cette tache enluminée d'une prairie éclatante, presque irréel, dessiné par un enfant armé de pastel. Puis c'est un champ qui devient doré, moutarde flamboyante, puis une église en haut de sa colinne qui se détache sous mes yeux. Pour finir, en haut du col que je traverse, la neige scintille dans cette nouvelle lumière. Je reste émerveillé. Trop rarement. Mais là... Fugace et plaisant.

Epilogue

11 ans ce sont écoulés depuis la première fois où j'ai décrit quelque chose sur mon bloc note virtuel (première partie à retrouver ici).
11 ans à croquer le monde à chaque instant. A me forge des souvenirs que j'ai de plus en plus peur d'oublier. Et pourtant rien n'est systématique... J'oublie. Je me souviens de sensations.
11 ans que je décris des choses simples qui complètent ma collection de photos ou de journaux de voyage (pas encore publié ici d'ailleurs, je pourrais).
11 ans que je picore mes propres idées pour placer mes personnages de fictions devant ces paysages si réels.

La lumière révèle ou dissimule les décors magnifiques de nos vies.
Il suffit alors d'ouvrir les yeux et l'imagination fera le reste.

Surtout. Surtout ! Continuez de vous raconter des histoires. Soyez le héros ou le démon de vos vies. Mais vivez !

Portez-vous bien.
Bonne soirée !
Et si on se revoit pas d'ici là : profitez.

à suivre...

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