myrzouick
écrire, scénariser et mourir vite...
13/08/2019
héros bien malgré lui
Avant tout, un héros est un personnage. Wow... Faut se remettre de ce que je viens de dire là.
Deux minutes
Un héros donc est un personnage sur qui, en tant que scénariste/écrivain, on peut compter. Il ne dira jamais non, il subira tout ce qu'on veut qu'il subisse et, comme prévu, il en sortira plus fort et grandi. Et on leur en fait baver, sincèrement. Mais ils sont hors du commun, ils sont forts, ils "méritent" ce qui leur arrive car c'est en surmontant ces épreuves qu'ils sont reconnus...
En vrai, si Héraclès (anciennement Alcide) n'en avait pas chier autant on ne parlerait pas de lui. Le gars a quand même buté ses enfants dans un accès de rage à la base. Destinée implacable, il a accompli 12 travaux et devint un demi-dieu. Le pire dans tout ça c'est qu'on peut se dire que rien ne serait arrivé si Zeus avait gardé son penis dans son slip....
En fait la moitié de la mythologie grecque c'est Zeus qui poutre une humaine...
Ah ! Les dieux étaient sympa avant...
Avant le drame bien sûr... : KRATOS !!
Un héros, donc, est un personnage mis face à son destin. Et putain que je n'aime pas ce mot. Mais ces quelques lignes que peut écrire un écrivain ou un scénariste est un destin. Et le héros ne peut que rarement sortir des rails pré-établi par l'auteur.
Je disais plus tôt, genre sur la page 1, que parfois les personnages grandissent d'eux mêmes, deviennent autre chose que nous ne comprenons pas. Qu'ils nous échappent un peu. C'est encore plus vrais pour des personnages de séries (qu'elles soient filmées ou écrites) qui appartiennent peu à peu aux spectateurs et qui cassent leur archétypes (parfois caricaturaux) et prennent encore plus de profondeur à mesure que le temps passe.
On a par exemple Barney Stinston qui est devenu le personnage le plus intéressant de la série How I Met Your Mother car il sait tout jouer, passe du dragueur invétéré, menteur et manipulateur à un type amoureux (bon d'accord, toujours menteur et manipulateur). D'ailleurs les autres personnages autour de lui restent bloqués dans leur rôle c'est peut-être pour ça qu'on le voit un peu plus.
Le héros est aussi très charismatique. Et même les anti-héros le deviennent. Parce qu'ils sont charmants la plupart du temps ou qu'ils ont une chance de rédemption.
On prendra l'exemple du Capitaine Neuville incarné parfaitement par Jean Dujardin dans Le Retour du Héros ou l'archétype du barde qui réussit tout et même lorsqu'il est acculé le monde se tort pour qu'il réussisse. On aime ces héros menteurs car ils ont de l'éloquence.
Et ils en chient nos héros.
Je me souviens avoir écrit tout un chapitre d'un de mes livres tout en me disant que j'étais certainement le plus grand salaud de l'histoire. Le livre finit d'ailleurs ainsi : Tom, pourras-tu me pardonner ?
Car s'il faut que nos héros souffrent pour grandir. Que le public s'attache. Que les lecteurs compatissent... Avant parfois de les décevoir... Certains diront qu'il faut être courageux pour les faire changer de coté, comme si la trahison avait quelque chose de courageux, moi je pense que parfois, il faut laisser parler leur légende.
tous les héros donc sauf...
HARRY POTTER
...
D'avance je suis désolé et je dois dire que je fus fan de la série, le genre de fan qui achetât le livre en anglais pour le lire avant tout le monde et ne comprit pas pourquoi Rogue devenait Snape
Le genre de fan qui dût trainer sa mère au cinéma pour voir l'école des sorciers parce que bien entendu il n'avait pas encore le permis.
Je pourrais même dire que j'étais un hipster-fan car, bande de "millénials" (nés en 1996 et plus, vous n'êtes pas des enfants des années 90 bordel, vous n'avez pas connu les années 90 comme JE les ai connues !!), je l'ai lu, avant vous, à la sortie des livres, bien avant que ça soit cool !!!
Je ne nierai pas non plus que les films de Chris Columbus et Alfonso Cuaron sont bons. Au moins l'étaient-ils quand j'avais 15 ans et qu'aujourd'hui le 3eme opus que j'eus détesté me semble bien plus cool (avec tous ces plans séquences et cette réalisation bien sympatoche).
MAIS !
Qu'on se le dise, la série Harry Potter, porte très très mal son nom. Car le personnage principal, le "héros" donc, est le pire personnage de la série ! Et je ne parle pas de son physique, d'ailleurs j'aime beaucoup Daniel Radcliffe et j'ai un profond respect pour les enfants stars surtout quand je vois le visage de Macaulay Culkin aujourd'hui (oh Chris Columbus encore toi !)
Je suis désolé, Harry Potter est insupportable. Un peu moins dans les films mais le gars est vraiment insupportable.
Alors je sais que dans la voie du héros, on doit prendre un héros qui ne connait rien, qui est aidé par un mentor (enfin vous savez quoi)... Mais Harry Potter ne connait vraiment genre rien du tout. ET PENDANT 7 ANS IL NE SAIT RIEN !! Mais vraiment rien en plus, le mec est un cancre.
Je sais que être cancre c'est cool. Personne n'aime le premier de la classe. Mais là... Quand même, un sort au moins. Apprends un truc utile au cas où il y aurait un grand méchant qui.... Expeliarmus ? Sérieux ?!
Et puis il est grave antipathique le mec, tout tourne autour de lui donc il prend la grosse tête.
Les films nous ont épargné un moment génant ou l'apprenti sorcier boude parce que Ron est nommé Prefet et pas lui. Ce que je veux dire par là, c'est que parfois les films peuvent encore être moyen
Même Drago, pathétique peureux qui défia le grand Dumbledore, finit par devenir plus touchant que Harry Potter.
Harry Potter pour finir est un goujat, se la joue héros alors qu'il n'est rien, déserte l'école quand l'école aurait le plus besoin de lui. Tu me diras, ça laisse la place à Neville Longdubas qui organise la resistance et brandit l'épée des Gryffondor... Neville ? Je veux dire... Neville le petit gros. J'ai rien contre les gros, j'en suis hein, mais ce mec avec le charisme d'une huitre malade devient le héros qui défend l'école ? ok...
Bel exemple d'un personnage qui sort de son rôle.
Je ne parlerai pas de la fin baclée. J'ai déjà dit tout le mal que je pensais de ces paresses d'écriture comme par exemple le père d'Harry Potter qui devient un connard pour redorer le blason de Rogue et créer de toute pièce une non-surprise car Rogue depuis le début n'arrive pas à être antipathique.
Ou encore tuer un jumeau pour le coté dramatique qui avait atteint son paroxysme 3 roman plus tôt avec la mort de Sirius
Ou cette "guerre" débile dans l'école... J'arrête.
Je parlerai plutôt du deuxième problème qu'a Harry Potter, sa nemesis, son méchant, le fameux Voldemort...
déjà, il faut un bon méchant
Je n'arrive toujours pas à comprendre comment JK Rowling a écrit son "méchant". De base, elle lui a coupé les couilles : dans l'école, il ne peut rien faire. Si Harry Potter avait juste suivi les règles, n'était pas sorti de sa chambre, n'avait pas resquillé pour sortir avec ses copains, rien ne serait arrivé.
Bon, ne lui en voulons pas. Un héros ça casse les règles établies. C'est au-dessus quoi.
Mais on ne voit pas en quoi Harry n'est pas en sécurité dans l'école. Alors oui, y a le ministère de la magie qui vient un peu foutre la merde avec la plus grande pétasse de l'univers, bien meilleur méchant que le type sans nez (pas Krilin l'autre) mais Harry Potter est toujours dans une zone de non-danger.
Plus le méchant est bon, plus le héros est bon.
De tout temps nous mettons en face de nos héros des ennemis qui le mettent paradoxalement en valeur et c'est bien normal.
Je rappelle que Héraclès a face à lui Hera, une déesse jalouse. Que Musclor a Skeletor, Superman a Lex Luthor et Shoshana a le Colonel Hans Landa !
Hans Kruger, le prince Jean (tiens, joué par Alan Rickman aussi), le Joker, Oncle Scar, Patrick Balkany ou même les nazis dans Indiana Jones (d'ailleurs les Nazi n'importe où en fait), quand le méchant est bien incarné, c'est bien plus simple pour notre héros. Il n'a qu'à se battre contre lui. Et même un Bruce Willis alcoolique notoire est mis en valeur par un Jeremy Irons en poseur de bombes dans NYC.
Vous pouvez chercher vous aussi, les meilleurs méchants sont dans les meilleurs écrits (films, livres, etc) et c'est très bien comme ça...
On en vient donc à Voldemort.... un type qui n'a pas su tué un bébé (protégé par amour) qui n'arrive pas à ressusciter tout de suite (alors que c'est lui qui a inventé la technique), qui n'arrive pas à agir dans un école, qui n'arrive pas à détruire l'école en question et qui se fait démonter par un pauvre cancre incapable de faire autre chose que de lancer un cerf fumé...
Il envoie même un gamin tuer son pire ennemi... parce que... parce que merde quoi !
On est bien loin de ces méchants tels l'empereur...
Aparté : autant les méchants ont souvent une origine mystique et mythique qui est intéressante, autant je ne comprends pas cette manie d'en faire toute une histoire. Venom, Suicide Squad, et autre Joker, n'ont rien à faire dans une histoire (quoique je reste moins critique pour le Joker de Todd Very bad Trip Phillips car il m'intrigue quand même). Mais typiquement, pour les deux autres cités, ce sont des méchants qui... bah pour que le public suive, deviennent gentil. Même Venom... Désolé, ça marche pas. T'es un salaud ou un héros... Ou un héros torturé mais des années de saloperie ne peuvent pas s'effacer pour que tu deviennes un personnage cool. Fin de l'aparté.
Bref. Voldemort est une non-menace doté d'un non-charisme face à un héros non-intelligent.
ça commence à faire beaucoup...
épilogue épicé
On va arrêter le tir là...
Vous l'aurez compris. Harry Potter n'a pas respecté sa promesse (je cite Rowling) de "grandir avec moi"... Pourquoi ? Etait-ce pour toucher plus de gens, les millenials qui semblent plus fans que moi ? Parce qu'elle n'arrivait pas à écrire ? Ou tout simplement parce qu'elle voulait plaire au plus grand nombre ?
Quant à la fin de l'histoire, elle est plus que baclée. Et cette romancière qui avait pourtant la réputation de s'attacher à ses personnages les a jeté en pature sous prétexte de vouloir faire un peu différent, un peu larmoyant... A vouloir tout faire on ne fait jamais assez bien. A vouloir trop plaire, on s'enfonce...
On est obligé d'écouter ses héros, on leur doit bien ça, vu ce qu'on est, en tant qu'auteur, capable de leur faire subir. A l'instar de la mort de Sirius qui en a fait plus que baver à Harry Potter mais qui est carrément contrebalancer quand on apprend que c'était des gros connards avec le père de Harry, nos héros surmontent de grandes épreuves.
Alors nous devons les respecter, les aimer malgré tout le sadisme dont on a pu faire preuve à leur égard. Et c'est le principal problème du "sorcier" il ne ressort pas grandi des livres et des films... Il n'a toujours pas compris le monde qui l'entoure et il est toujours balloté sans choisir sa propre destinée...
Un héros doit choisir sa destinée. Même contre son auteur !
Et j'en veux pour preuve qu'en fait, à la fin, Harry Potter ne sort même pas avec la jolie Hermione...
Déception...
édit : finalement je me rends compte que j'aime ce qu'Harry Potter aurait pu/du être. Et c'est pour ça que je suis aussi déçu... Tiens, la prochaine fois, on parlera (peut-être) de monde parallèle et du mot magique du moment : quantique.
à suivre...